Let It Fall

Il y a quelque chose de contradictoire, peut-être, certainement, dans ce que je vais dire. Et pourtant, je le pense sincèrement, et c'est précisément parce que je le pense sincèrement que je vais l'écrire.

Et si la vie n'était pas aussi lourde qu'on la rend ?

Qu'est-ce qui nous pousse à nous attacher si fort à ce qui passe, à ce qui effleure, à ce qui ne nous appartiendra jamais vraiment ? Le matériel, l'éphémère, le superficiel; on s'y accroche comme si notre existence en dépendait, comme si leur perte signifiait la nôtre. Mais où est la vérité là-dedans ? Quelle valeur réelle accordons-nous à ce qui, au fond, ne nous nourrit pas ?

Le seul pouvoir que l'extérieur détient sur vous, c'est celui que vous lui avez remis. Vous, et vous seul. Et dès l'instant où votre regard se tourne vers une autre direction, vers quelque chose de plus grand, de plus vaste, de plus vrai, tout peut changer. Doucement, ou d'un seul coup. Mais ça change. Et la vie, soudainement, devient plus légère à porter.

Je pense que cette vie n'est qu'une immense mise en scène. Et comme devant toute mise en scène bien ficelée, on peut choisir de se laisser emporter par l'illusion, ou de sourire, parce qu'on a compris le mécanisme. Les épreuves se succèdent, se ressemblent, se répètent, seuls les visages et les décors diffèrent. C'est un test. C'est toujours un test. Et il continuera de l'être, encore et encore, jusqu'au bout.

Alors ce qui compte, réellement, c'est la façon dont vous regardez tout ça.

C'est votre regard. C'est lui, le vrai pivot de votre existence. Pas les événements, pas les gens, pas les circonstances, mais ce que vous choisissez d'en faire, ce que vous décidez d'y voir. Dédramatisez ce qui ne mérite pas le poids que vous lui donnez. Vivez, ressentez, aimez profondément, pleinement, mais ne gaspillez pas votre lumière sur ce qui ne brille pas.

Certaines choses ne valent tout simplement pas votre cœur.

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Le piège du monde : oublier l’éternel.